Collectif d’acteurs
 

Un collectif d’acteurs


LES LUCIOLES

David Jeanne Comello, Pierre Maillet, Philippe Marteau, Frédérique Loliée,
Valérie Schwarcz, Elise Vigier et Odile Massart, administratrice.

Cette saison,
Pierre Maillet est artiste associé à la Comédie de St Etienne et à la Comédie de Caen, et parrain de la promo 27 de l’école de St Etienne.
Elise Vigier est artiste associée à la direction de la Comédie de Caen-CDN de Normandie aux côtés de Marcial Di Fonzo Bo depuis Janvier 2015, et à partir de septembre 2016, artiste associée à la Maison des Arts de Créteil.
Valérie Schwarcz est en permanence artistique au Théâtre des Ilets-CDN Montluçon.


UN COLLECTIF D’ACTEURS
1994-2016

« Je donnerai toute la Montedison, encore que ce soit une multinationale, pour une luciole. »

Les Lucioles qui tiennent leur nom des Ecrits corsaires de Pasolini,
se disent enfants de nomades, au croisement de plusieurs filiations.
Issus de la 1ère promotion de l’Ecole du Théâtre National de Bretagne (1991/94)
dirigée par Emmanuel de Véricourt et Christian Colin
– « Ils nous ont davantage appris à penser que de penser à eux » –
ils décident de créer la compagnie en 1994.

« Nous avons eu envie de continuer à travailler ensemble, sans créer une compagnie exclusive et fermée, ni une communauté. Nous avons eu envie de défendre les différences, les univers, les capacités de chacun, de n’avoir pas un metteur en scène mais plusieurs selon les envies et les désirs, de privilégier les rencontres, et, parallèlement au travail dans la compagnie, de pouvoir travailler ailleurs.
Pour nous « ensemble » voulait dire être dans la confrontation des points de vue, et travailler avec la différence de chacun vécue comme une richesse dans l’élaboration du projet commun.
Nous étions tous acteurs, nous avons donc formé un collectif d’acteurs.
Nous voulions préserver un espace possible de chantier ensemble, un espace ouvert où l’on pouvait partir et revenir, une pensée libre. »

Ainsi un groupe s’est formé où rien n’était prédéfini, où les règles et les créations se redéfinissaient au fur et à mesure, où il n’y avait pas un seul metteur en scène leader du groupe, mais où chacun pouvait être porteur d’un projet ou encore partir travailler avec d’autres équipes, revenir et susciter ainsi de nouvelles rencontres.
« Travailler en collectif c’est se positionner dans le monde, c’est-à-dire travailler et vivre en acceptant le pari de la contradiction, de l’opposition, du conflit. C’est une tentative de démocratie réelle – quand la question de la démocratie est sans arrêt posée au théâtre. »

Au départ les membres fondateurs du collectif sont Paola Comis, Marcial Di Fonzo Bo, Laurent Javaloyes, David Jeanne Comello, Mélanie Leray, Frédérique Loliée, Pierre Maillet, Philippe Marteau, Valérie Schwarcz, Pascal Tokatlian, Elise Vigier.

De manière toujours empirique, le travail de la bande s’inscrira dans un mouvement de renouveau des écritures de scène. L’acteur ayant toujours été la préoccupation centrale du collectif, les auteurs et les textes traversés durant 20 ans ont toujours tenté de traduire la réalité du monde, ses bouleversements, ses déchirures, ses espoirs.
Au fil des années, Le collectif explorera les techniques du roman, de la photographie, du cinéma pour trouver un nouveau langage de plateau.

« Le fait d’être tous acteurs influence, de toute évidence, notre manière de fonctionner à l’intérieur des Lucioles, on glisse d’un rôle à l’autre avec plaisir et jeu, le plaisir d’interroger le monde en jouant comme dit Leslie Kaplan. Ce fonctionnement, cette façon d’essayer de voir les choses en mouvement est, croyons-nous, une lutte contre l’immobilisme et l’autosatisfaction, la fixité et la bêtise – qui vont souvent de pair avec l’installation dans un pouvoir quel qu’il soit. Faire un spectacle Lucioles, c’est essayer d’échapper au spectacle-marchandise et aux pseudo-impératifs d’un système de production mercantile. »

Comment montrer le réel dans la brutalité où il s’offre, sans céder au cynisme ni démettre la collégialité des hommes libres ?
(…) Désir de faire plutôt que de défaire. Car ils sont jouisseurs et ludiques. Et charnels. Sur fond de déplaisir de l’époque, c’est une phénoménologie du plaisir qu’ils inventent. Une certaine rhétorique du sensible dans un monde où se perd le sens.
Une façon d’être politique sans faire de la politique ni chercher à évangéliser les foules. (GÉRAUD DIDIER)

Membres fondateurs du collectif -outre Laurent Javaloyes décédé en 1999- Marcial Di Fonzo Bo, Mélanie Leray, Pascal Tokatlian et Paola Comis ont choisi depuis de poursuivre une voie singulière, certains pour créer leur propre compagnie. Marcial di Fonzo Bo a pris depuis janvier 2015 la direction de la Comédie de Caen, CDN de Normandie, et entretient des liens privilégiés avec le collectif.

Les acteurs des Lucioles ont ce désir de rester liés : échanger, dans le respect des autres, et permettre à chacun d’imaginer, de créer.
Ne pas s’obliger à travailler ensemble mais partager, débattre, conseiller, aider, coopérer.
Privilégier l’ouverture et la rencontre, notamment grâce aux expériences extra-Lucioles de chacun de ces membres.
Une énergie commune continue à porter le groupe : l’intérêt pour les textes contemporains, pour les écritures singulières avec l’acteur au centre des projets, une ouverture vers d’autres domaines artistiques, d’autres médias.
C’est aujourd’hui à cet endroit de liberté sans cesse renouvelé et questionné, que Les Lucioles placent cette expérience collective.

Les membres du Théâtre des Lucioles transmettent, d’abord, leur propre étonnement devant le monde, la société, l’Histoire, le langage, devant ce qui se passe entre les hommes et les femmes, ce qui circule entre eux, les mots et les silences, l’amour et la haine, le pouvoir et l’argent, et cette chose si étrange, en somme, la sexualité. L’étonnement chez eux : retrait, léger, décalage, et désir, désir, désir. Désir de comprendre, de transformer, d’inventer, désir de collectif, désir de travailler avec des gens. Désir de donner une forme concrète au possible. En même temps, lucidité. Ce qui est au cœur du travail, ce qui est travaillé : la question du présent, comment vivre, ici et maintenant, comment tenir compte de la réalité sans s’y soumettre, comment faire avec ce que l’on a et ne jamais être en dessous de soi, comment vouloir ce que l’on veut et pouvoir ce que l’on peut. (…) Amoralisme et éthique. Les Lucioles tentent de résoudre à leur façon le toujours nouveau défi : comment montrer une réalité brutale et cynique en questionnant, en soulevant, en créant une légèreté , un espace de pensée, de la joie. Comment penser le tragique moderne. (LESLIE KAPLAN)

Depuis sa création, la compagnie est implantée à Rennes. Elle est soutenue par la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Bretagne, le Conseil Régional de Bretagne et la ville de Rennes.
Ne disposant pas de lieu de répétitions, elle réside et déploie son activité sur l’ensemble du territoire national ainsi qu’à l’étranger.

@ Théâtre des Lucioles 2017